Le Marais communal du Poiré sur Velluire

Le marais communal du Poiré sur Velluire : un site unique à préserver !

 Situé à 15 kms au sud-est de Fontenay-le-Comte, s'étend sur 241 ha au coeur du Marais poitevin en Vendée (85), deuxième zone humide de France. Elle est intégrée dans le périmètre de la Znieff (Zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique) : Communal du Poiré-sur-Velluire et abords. Ce marais "subsaumâtre" à la faune et flore très spécifiques, constitue un lieu de quiétude et une zone d'hivernage, de halte migratoire et de reproduction pour l'avifaune essentielle pour l'équilibre global de l'environnement dans le Sud-Vendée, en interdépendance avec la Baie de l'Aiguillon.

 Il fait partie des plus grands marais communaux en pâturage collectif du Marais Poitevin. 

 

Les mammifères :

La Loutre d’Europe (Lutra Lutra) fréquente le marais communal.Deux passages souterrains  sont situés en bordure du marais communal. De mœurs nocturnes et très discrètes, les épreintes de la loutre (excréments) trahissent sa présence.

Comportement de la loutre d’Europe

La loutre occupe un territoire de berge compris entre 5 et 15 kilomètres le long d’un cours d’eau qui peut être plus vaste en zone marécageuse, qu’elle marque en urinant et déféquant. Ces épreintes sont importantes pour la communication entre individus. Elle emprunte régulièrement les mêmes passages pour se mettre à l’eau. Ces sentes sont appelées « coulées », et les emplacements où elle se roule dans l’herbe pour se sécher le poil en sortant de l’eau sont nommés « places de ressui ».    

Le campagnol amphibien est lui aussi présent, il est aussi appelé « rat d’eau ».Il est plus petit que le rat musqué et plus grand que les autres campagnols. C’est le seul rat autochtone du Marais Poitevin. Cet animal est protégé.

Le Lièvre d’Europe est le seul lagomorphe fréquentant le communal. Il est assez fréquemment aperçu (en particulier lors de nos sorties organisées).

Nous avons  parfois la joie d’apercevoir quelques chevreuils.

 Les chauves-souris, le Grand rhinolophe, la Barbastelle et la Pipistrelle commune sont présents en périphérie du communal.

Toutes les chauves-souris ne consomment exclusivement que des insectes et le marais communal est probablement leur site d’alimentation.

 

Les oiseaux :

Le communal est le domaine de prédilection du vanneau huppé

et de l’Alouette des champs

Le Chevalier gambette et la Barge à queue noire nichent sur le bord des canaux et des baisses les plus marquées.

En ses bordures, dites « les délaissés », nichent entre autres la Bergeronnette printanière, le Verdier d’Europe, le Pigeon ramier.

 

Les espèces migratrices :

Le communal est aussi fréquenté par la Bécassine des marais, le Bécasseau variable en début d’année.Viennent ensuite les Courlis, les canards pilet, souchet, chipeau, colvert, siffleur, ainsi que la Sarcelle d’Hiver. C’est un milieu important pour les Oies cendrées,

 les Mouettes rieuses, les Goélands cendrés, argentés et brun. Parfois et occasionnellement on peut apercevoir la Spatule blanche et la Grand aigrette. 

 

Les espèces hivernantes :

Le marais communal joue le même rôle que les Réserves Naturelles de la Baie de l’Aiguillon et de Saint Denis du Payré. C’est une zone d’alimentation et de quiétude pour des espèces telles que la Sarcelle d’hiver, le Canard souchet, le Canard pilet, le Pluvier doré, le canard tadorne ( à mi-chemin entre le canard et l'oie) et des milliers de Vanneaux.

Le canard tadorne passe beaucoup de temps au sol.

Le pluvier doré

Le héron cendré

 Ce grand échassier fréquente les milieux humides et peu profonds. Souvent observé sur le canal des Hollandais.

Le héron bihoreau, le plus petit des hérons. Reste debout immobile attendant sa proie (poisson, amphibien, crustacés ..) également présent canal des Hollandais mais difficile à observer.

Ce garde boeuf (héron blanc au bec jaune) très présent dans le communal, débarrasse les bovins de leurs parasites.

 

Les amphibiens :

Grenouille rieuse

Rainette verte

 La grenouille agile (très discrète, difficile à apercevoir et encore plus à attraper)

 

Autres espèces:

Triton palmé (rare)

Pélodyte ponctué

Des insectes :

On y trouve également  le Criquet tricolore, des libellules et des papillons.

Egalement ce bel insecte coléoptère en voie de disparition : la Rosalie des Alpes protégée par la loi dans de nombreux pays (capture interdite). Photographiée à quelques pas du marais communal logeant dans de vieux frênes et autres bois morts.

 

La faune piscicole :

Le brochet longtemps présent dans les fossés du communal semble être a nouveau présent

 Des sondages ont été effectués pour détecter la présence de l’Anguille

de la Perche commune, de la Tanche, du Carassin, Gardon etc

.

Des espèces nuisibles :

 L' écrevisse de Louisiane, introduite par l'homme, a envahi depuis peu d'années les canaux du marais. Cette espèce carnassière s'attaque, entre autres, aux têtards des grenouilles. On est autorisé à les pêcher.


 Le poisson chat ou silure, introduit par l'homme, est également nuisible car il provoque des déséquilibres biologiques se nourrissant d'oeufs de poissons.

 

La flore :

 Notre marais fait partie des marais dits  aussi de « prés salés thermoatlantiques ». Ils présentent un taux de sel résiduel qui induit la présence d’une flore très spécifique, d’intérêt communautaire qui confère à ces prairies une richesse biologique très forte.

Le site accueille 98 espèces de plantes dont 30 remarquables dont 5 sont protégées, 2 au niveau national : l'Etoile d'eau (ci-dessous) et la renoncule à feuilles d'ophioglosse et 3 au niveau régional : le Trèfle de Michéli, le Céraiste douteux et l'Inule britannique.

 

 

 Sur certains délaissés des nénuphars.

De très nombreuses études ont permis d'accéder au statut de RESERVE NATURELLE VOLONTAIRE. Le communal et les parties délaissées (le long du canal des Hollandais) ont toujours présenté un grand intérêt biologique et faunistique pour les scientifiques:  en 1992 et 1993  par Bouzille  et Tournade  et bien avant par deux habitants du Poiré : René Rosoux et Christian Gonin.

René Rosoux est actuellement Directeur scientifique du Museum d'Orléans, il a longtemps pisté les loutres dans le marais et veillé à leur protection.

Christian GONIN (1951-2010) naturaliste passionné et ornithologue compétent, montrant une faculté infaillible à identifier les oiseaux  alors qu’il est atteint d’une surdité précoce totale contribue à la création du Groupe Ornithologique Vendéen (GOV) en 1973.

 Habitant au Poiré-sur-Velluire dès 1979, il s’investit bénévolement dans la vie du groupe et le marais devient rapidement son terrain d’observation et de prospection. Il est sans conteste l’un des observateurs le plus assidu des marais communaux, apportant une masse importante de données nécessaires à la conservation de ces sites naturels en péril.

Son dynamisme et ses actions ont participé à faire du GOV une association de plus de 800 adhérents qu’est aujourd’hui la LPO85.

 En février 2010 c’est dans vallée d’Ossau que Christian Gonin nous quitte subitement.

La préparation préliminaire à la demande de statut de RESERVE NATURELLE REGIONALE impliquait de nouvelles études. La LPO, l'ADEV, le PNR ont effectué et acté de nouvelles et très nombreuses études. La région des PAYS DE LA LOIRE a reconnu et accordé au marais communal, grâce aux documents présentés, le statut de RNR. Ces scientifiques seront d'ailleurs appelés à suivre son évolution et notre association leur en est  reconnaissante. Ils ont le soutien de la municipalité représentant la commune,seule propriétaire du site.